Engager une démarche RSE dans son établissement : par où commencer (sans tout révolutionner) ?
Longtemps perçue comme complexe ou coûteuse, la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) s’impose aujourd’hui comme un levier essentiel dans l’hôtellerie et le tourisme. Bonne nouvelle : vous avez probablement déjà commencé… sans même le formaliser.
Tri des déchets, produits d’entretien plus responsables, circuits courts… ces gestes du quotidien constituent les premières briques d’une démarche plus globale. L’enjeu n’est pas de tout transformer du jour au lendemain, mais de structurer, valoriser et amplifier ce qui existe déjà.
Ce que vous faites (déjà) sans le savoir
Dans de nombreux établissements, certaines pratiques responsables sont déjà en place :
Utilisation de produits ménagers écolabellisés
Réduction du plastique à usage unique
Tri sélectif et gestion des déchets
Partenariats avec des producteurs locaux
Sensibilisation informelle des équipes
Pédagogie auprès des clients
Ces actions, souvent mises en place pour des raisons économiques ou pratiques, s’inscrivent pleinement dans une logique RSE. L’étape suivante consiste à leur donner du sens… et de la cohérence.
Structurer sa démarche : les grands piliers
Les référentiels comme ceux de Clef Verte ou de Écolabel Européen reposent sur plusieurs axes fondamentaux :
1. La gestion des ressources
Réduction des consommations d’eau et d’énergie
Installation d’équipements économes
Suivi des consommations
2. La gestion des déchets
Tri sélectif optimisé
Réduction à la source (vrac, recharges…)
Valorisation des biodéchets
3. Les achats responsables
Produits locaux, de saison, biologiques
Rayonnage proche de votre hébergement
Fournisseurs engagés
Limitation des emballages
4. L’ancrage territorial
Mise en avant du patrimoine local
Recommandation d’activités responsables
Collaboration avec des acteurs du territoire
5. L’humain
Sensibilisation des équipes
Implication des clients (sans contrainte)
Qualité de vie au travail
Des actions concrètes à mettre en place rapidement
Pas besoin d’un plan sur 3 ans pour commencer. Voici des actions simples et efficaces :
Remplacer les produits d’accueil individuels par des formats rechargeables
Installer des mousseurs ou limiteurs de débit
Proposer une option de non-remplacement des serviettes
Créer une courte charte environnementale visible pour les clients
Mettre en avant les producteurs locaux au petit-déjeuner
Former les équipes aux éco-gestes
L’idée : avancer par étapes, avec des actions visibles et mesurables.
Faut-il viser une labellisation ?
Les avantages
S’engager dans une certification comme Clef Verte ou Écolabel Européen permet de :
Structurer sa démarche avec un cadre clair
Gagner en crédibilité auprès des clients
Se différencier sur un marché de plus en plus concurrentiel
Mobiliser ses équipes autour d’un projet commun
ZOOM sur le label Clef Verte et ses spécificités : Le label Clef Verte repose sur un référentiel structuré d’environ 120 critères, répartis autour de grandes thématiques comme l’énergie, l’eau, les déchets, les achats responsables ou encore la sensibilisation des équipes et des clients.
Parmi eux, une soixantaine de critères dits “impératifs” constitue le socle indispensable pour obtenir la labellisation, tandis que les autres, dits “conseillés”, permettent aux établissements de progresser à leur rythme dans une logique d’amélioration continue.
Autre point clé : ces critères ne sont pas figés. Ils s’adaptent selon la typologie de l’établissement (hôtel, gîte, camping, restaurant…), afin de coller au plus près des réalités terrain. Par exemple, les exigences liées aux achats alimentaires seront plus poussées pour un restaurant, tandis que la gestion de l’eau sera centrale pour un hébergement.
Un cadre à la fois exigeant, évolutif et adaptable, qui permet à chaque structure d’inscrire concrètement son engagement dans une démarche environnementale cohérente.
À prendre en compte
Une labellisation demande du temps et de la rigueur
Elle implique un suivi régulier et des audits
Elle peut nécessiter certains investissements (pour mettre en place le changement) et en fonction du label, l’audit s’effectue chaque année (et demande un bilan très lourd).
Mais elle n’est pas une fin en soi. Un établissement peut être engagé sans être labellisé — à condition de pouvoir le prouver et savoir le raconter avec les bons mots pour ne pas tomber dans le greenwashing et perdre en crédibilité. Il vaut mieux en faire moins mais mieux. C’est peut-être ce qu’il faut retenir de cet article. Être dans le vrai pour vos clients, vos équipes, vos fournisseurs.
💡 Le saviez-vous ?
Chez Voyage avec Vue, l’engagement pour un tourisme plus responsable ne se limite pas aux mots. Depuis 2022, nous sommes membres de Agir pour un Tourisme Responsable (ATR) et participons activement à la commission inclusivité.
À notre échelle, nous intégrons ces enjeux au cœur du développement de la plateforme : valorisation d’adresses engagées, mise en lumière d’initiatives locales, attention portée à l’impact des expériences proposées…
Parce qu’aujourd’hui, imaginer le voyage de demain, c’est aussi penser à la manière dont il s’inscrit dans son environnement — humain, culturel et naturel.
